Didier Porte, humoriste

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Exclu de France Inter – Hees et Val

 

Soyez indulgents et patients, cette section est encore en construction

 

Consultons le Littré :

SICAIRE (si-kê-r’), s. m. : Assassin gagé.

SPADASSIN (spa-da-sin), s. m. : 1° Bretteur, ferrailleur. 2° Assassin gagé.

(Toute cette section a été rédigée par Yves-André Samère)

Hees et Val – Un peu d’histoire

Les évènements que vous savez ont mis en lumière deux acteurs qui y ont gagné une réputation dont on peut parier, voire espérer, qu’elle va beaucoup les aider pour la suite de leur carrière. Commençons par le plus important des deux, hiérarchiquement parlant, même si l’autre est plus intéressant sur le plan tératologique.

Jean-Luc Hees

Non, bande de malveillants ! Tout le monde ne convie pas Jean-Luc Hees à se rendre en ce lieu où les spectateurs d’un match de football invitent volontiers l’arbitre à se rendre d’urgence. Hees a trouvé un soutien considérable, sur Internet, en la personne de Philippe Bilger, avocat général près la cour d’appel de Paris – une sorte de procureur Desproges, mais en vrai. Monsieur Bilger tient en effet un blog, dans lequel il a publié, le 26 juin 2010, un billet intitulé Et si Hees était un as ? (attention, petits sournois, pas un ass ! Restons polis). Précisons que monsieur Bilger ne connaît pas Didier Porte, dont il ne cite le nom qu’à deux reprises sans formuler sur lui quelque opinion que ce soit. Son sujet, c’est Hees, dont il écrit que « Ceux qui ne l’aiment pas auront l’honnêteté de reconnaître que Jean-Luc Hees est bien tout de même ! ». Oui, il est bien, peut-être trop bien pour nous, le Pouvoir nous gâte... Hees est bien, monsieur Bilger en veut pour preuve que le président de Radio-France possède une « voix de velours grave », et ça, convenez, c’est irréfutable. Comme le « Sans dot ! » martelé par Harpagon.

Pourtant, il l’avoue, il n’était « pas toujours séduit par ses prestations qui, pour les entretiens, fleuraient bon la gauche mondaine surabondant en stéréotypes ». Ciel ! Jean-Luc Hees était de gauche ! Pourtant, Hees ne cesse de clamer partout, histoire de prouver sa neutralité, que nul n’a jamais pu savoir quelles étaient ses opinions politiques... Et monsieur Bilger ajoute : « Aucun progressisme de salon ne nous était épargné et on était sûr que révérence serait faite à tout ce qu’il convenait de penser pour être un soir invité. J’aurais hésité à miser sur sa détermination et son courage professionnel ». Ben mon vieux, pour ce qui est de l’éloge, il est insurpassable, monsieur Bilger. Pour le maniement du pavé de l’ours également.

Mais laissons là ces clowneries, et rappelons deux ou trois vérités.

D’abord, Jean-Luc Hees est ce qu’on appelle un journaliste mondain, tout comme le commandant Prouteau était un militaire de salon : aujourd’hui, c’est ainsi que se font les carrières. Nommé directeur de France Inter par le président Jean-Marie Cavada, autre journaliste mondain, en 1999, il avait gardé la production et la présentation de son émission Synergie ! Du jamais vu. Essayez d’imaginer le patron de la Comédie-Française profitant de son poste pour faire jouer ses propres pièces. En politique, cela porte un nom : prise illégale d’intérêt. Mais passons aussi sur ces petitesses.

Ensuite, il n’en est pas à sa première censure.

En février 2000, toujours directeur de France Inter, il renvoie du jour au lendemain Laurence Boccolini, qui dirigeait une émission quotidienne en direct inspirée de Rien à cirer – où elle avait travaillé naguère, jusqu’en décembre 1996. Prétexte : il la trouvait « vulgaire ». Laurence à l’époque n’était pas plus vulgaire que Guillon aujourd’hui, mais elle fit ses paquets en catastrophe et fut remplacée par Stéphane Bern, qui changea le titre de l’émission et en fit le Fou du Roi, tout en gardant les mêmes chroniqueurs, ou peu s’en faut (Porte en était déjà). Bern, du reste, ne s’est pas si mal tiré de l’affaire.

En 2003, un chroniqueur de la matinale de France Inter – déjà ! – agace beaucoup les laboratoires pharmaceutiques. Ce gêneur, c’est Martin Winckler, médecin, auteur de romans, spécialiste aussi des séries télévisées. Sa chronique, Odyssée, très suivie et intéressante, ne gênera plus personne, car Jean-Luc Hees le renvoie, prétextant que « France Inter doit être une radio de l’offre, pas de la demande ». Vous ne comprenez pas ce charabia technocratique ? Il ne sert qu’à masquer ceci : pour choisir le sujet de ses chroniques, Winckler s’inspirait du courrier de ses auditeurs, qui lui posaient des questions. Hees feint donc de croire que Winckler n’avait aucune inspiration personnelle (il n’offrait rien) et ne faisait que répondre à la demande du public. Alambiqué, autant qu’idiot, car Winckler ne laissait tout de même pas les auditeurs écrire ses textes ! Et puis, combien d’émissions de France Inter ne reposent-elles pas sur les appels téléphoniques des auditeurs ? On leur répond pourtant.

Puis la roue tourne, et Hees, à son tour, est viré en 2004 par le nouveau président de Radio-France, Jean-Paul Cluzel, qui remplace Jean-Marie Cavada, ex-journaliste mondain parti faire de la politique. Gilles Schneider, puis Frédéric Schlesinger, le remplacent successivement. Ce pour quoi, nommé président de Radio France en 2009 par Sarkozy, le premier geste de Hees est de... renvoyer Schlesinger, pour mettre à sa place son vieux copain Philippe Val.

 

Philippe Val

Hees et Val – Beaucoup d’histoireS

Humoristes

Val, ancien humoriste et chansonnier, a fait toute la première partie de sa carrière en compagnie d’un homme de talent, Patrick Font. Les duettistes se produisaient dans divers cabarets, on les a invités sur France Inter dans le Tribunal des Flagrants Délires (procès d’Henri Verneuil) en septembre 1982, et ils ont même joué dans un grand théâtre, le Dejazet, spectacle dont vous pouvez admirer l’affiche sur cette page : elle vous permettra d’apprécier le sérieux du motif de renvoi de Didier Porte !

Puis Val, à la faveur d’un héritage, a pu acheter l’hebdomadaire satirique « Charlie-Hebdo », dont il s’est nommé directeur, cependant que Patrick Font était engagé à Rien à cirer, l’émission de Ruquier sur France Inter. Cela n’empêcha pas Philippe Val de faire lui aussi son entrée sur cette station, à titre de chroniqueur, d’abord dans Audimatraquages, émission d’Isabelle Motrot (une découverte de Claude Villers), puis dans Synergie, que... Jean-Luc Hees présentait chaque soir. Depuis il n’a jamais quitté France Inter et y passait chaque semaine. Font, lui, eut des ennuis avec la Justice, et Val, à cette occasion, se couvrit de gloire : loyalement, il déclara... ne pas le connaître, ne l’avoir rencontré que sur scène, ne l’avoir jamais vu en privé, ne rien savoir de sa vie ! Il faisait ainsi son apprentissage du coup de poignard dans le dos.

Ainsi, Val a fréquenté Jean-Luc Hees pendant vingt ans ; il lui a aussi ouvert les portes de « Charlie-Hebdo », où Hees a pu écrire régulièrement. En parallèle, il continuait d’écrire des chansons, et devint ainsi l’ami de Carla Bruni. Si bien que, lorsque Sarkozy en eut assez de Jean-Paul Cluzel, le président de Radio France, la chanteuse lui proposa de nommer Val à sa place. À quoi tiennent les nominations, en république bananière ! Val déclina l’offre, proposa Hees, qui n’attendait que cette occasion de se revancher du président de Radio France qui avait eu l’audace de se priver de ses services. Il accepta, nomma Val directeur de France Inter... et renvoya l’ascenseur au pouvoir politique en renvoyant cet emmerdeur de Didier Porte.

Tout est bien qui finit bien.

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Dernière mise à jour de cette page le mardi 24 août 2010.