Didier Porte, humoriste

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Exclu de France Inter – La solution ?

 

Beaucoup d’auditeurs nous ont fait part de leur intention de boycotter désormais France Inter. Est-ce bien la solution ?

Les mauvaises solutions

Boycotter « Le Fou du Roi »

Il y a ceux qui clament que désormais, ils n’écouteront plus le Fou du Roi. Naturellement, chacun fait ce qu’il veut. Mais ici, on a une double objection.

Premièrement, il n’y a aucune raison de faire porter à Stéphane Bern la responsabilité de ce qui est arrivé. Bien au contraire, il a publiquement fait savoir qu’il conservait toute son estime et son soutien à Dider Porte – ce qui, soit dit en passant, est un peu (beaucoup) braver la direction et la présidence... qui l’ont roulé dans la farine en laissant croire, jusqu’au dernier jour, que Didier Porte était reconduit au Fou du Roi. Ce mensonge, ne tournons pas autour du pot, il en a été la victime. Que devait-il faire, dans ce cas ? Démissionner ? Mettre au chômage toute son équipe ? Certes, lui peut retomber sur ses pieds, faire d’autres émissions à la télévision, écrire dans les journaux, aller sur une autre radio, rédiger un livre. Mais ceux qu’il a recrutés ? Stéphane a fait débuter beaucoup de monde, dans son émission quotidienne. Il n’est pas dit que tous ceux auxquels il a mis le pied à l’étrier trouveront du travail ailleurs.

Et puis, la nouvelle saison a vu le rappel de Jean-Jacques Vanier, qui n’avait plus officié sur France Inter depuis décembre 1996, quand Rien à cirer s’est arrêté (Ruquier n’avait pas eu les scrupules de Bern). Disons-le à ceux qui ne le connaissent pas, Vanier est un virtuose de l’humour absurde, il faut absolument l’entendre. Outre cela, Stéphane Bern a réembauché José Artur, toujours spirituel à 83 ans, et il a bien fait. Pour peu qu’il fasse revenir à l’antenne Claude Villers et Pierre Bouteiller, il méritera qu’on ouvre une souscription pour l’édification de sa statue rue des Martyrs (ou à Montpellier)  !

Boycotter France Inter

Là, c’est franchement excessif, pour ne pas dire idiot. Ne confondons pas la station avec ceux qui la dirigent et la sabotent ! La grille des programmes de France Inter est bourrée d’émissions qui ne doivent rien, ni à Hees, ni à Val : Là-bas si j’y suis, la quotidienne de Daniel Mermet, le Ça peut pas faire de mal de Guillaume Gallienne, Le masque et la plume (qui existe depuis plus de cinquante ans !), La prochaine fois je vous le chanterai, de Philippe Meyer, et tant d’autres. Vraiment, vous voulez « punir » ces gens-là ? Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, ne jetons que l’eau – quand elle est sale.

La bonne solution

C’est simple, profitons que la France est encore un pays démocratique, et utilisons la seule arme qui nous est permise : le bulletin de vote... et la menace de voter « mal ». Comment croyez-vous que Chirac a obtenu ce miracle, faire payer par l’UMP, un parti qui ne lui est rien et a été fondé au profit exclusif de celui qu’il déteste et lui a succédé, les trois-quarts (au départ, on avait prévu les deux-tiers, mais tout augmente, que voulez-vous !) de sa dette envers l’Hôtel de Ville de Paris ? Resté l’homme politique le plus populaire du pays, état paradoxal et qui est un défi au bon sens, il en profite pour mettre cette popularité dans la balance et laisser la plus grosse part de l’addition à Sarkozy... et aux contribuables, puisque l’UMP, comme tous les partis, est subventionnée par l’État !

Donc, harcelez vos élus, écrivez ou téléphonez à votre député, faites valoir qu’en aucun cas vous ne donnerez votre voix à un homme qui se mêle des radios-télés en vertu d’une réforme votée par ses députés porte-coton. En cette matière, élever la voix est le seul recours.

Boycotter France Inter ? Mais QUI donc saurait que vous n’êtes pas devant votre poste de radio ?

Épilogue

Le mercredi 11 avril 2012, les prud’hommes ont donné raison à Didier Porte en condamnant Radio France à lui payer 252 000 euros. Précédemment, Stéphane Guillon, beaucoup moins ancien dans la maison, avait reçu 212 000 euros. Ce dernier a déclaré : « En tant que salarié foutu dehors, je suis ravi de cette décision judiciaire. En tant que contribuable, je suis scandalisé qu’une société d’État ait préféré perdre autant d’argent et d’auditeurs pour faire taire un humoriste».

Didier Porte, lui, s’est contenté d’écrire qu’il n’irait pas fêter sa victoire au Fouquet’s.

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Dernière mise à jour de cette page le jeudi 12 avril 2012.